Le monde
de demAIn

Meta a encore faim. Après avoir déboursé 14,3 milliards pour Scale AI, recruté des chercheurs à coups de packages à 100 millions de dollars, et avalé la startup Play AI, voilà que Zuckerberg s’offre un partenariat avec Midjourney. Pas un rachat cette fois, juste une licence pour intégrer la technologie esthétique de la startup dans ses propres modèles. L’approche « tous azimuts » selon Alexandr Wang, directeur IA de Meta. Traduction : on ratisse large pour rattraper OpenAI et Google.

Cette boulimie révèle l’ampleur du retard. Meta, qui dominait les réseaux sociaux, court désespérément après l’IA générative. Chaque annonce d’OpenAI, chaque modèle de Google creuse l’écart. Alors on achète, on recrute, on s’associe. L’innovation par acquisition, la créativité par chéquier. Midjourney garde son indépendance mais partage sa sauce secrète. David Holz, le fondateur, peut se rassurer : « Nous restons un laboratoire de recherche indépendant.  » Pour combien de temps ?

Car l’appétit vient en mangeant. Et dans cette course à l’IA, Meta a encore très faim. Reste à savoir si cette stratégie du « tout azimuts » suffira à combler un retard qui se creuse chaque jour. Ou si elle ne fera que nourrir une indigestion technologique dont les symptômes commencent déjà à se faire sentir.

Bienvenue dans un monde où l’innovation se négocie au plus offrant, et où les géants découvrent que l’argent ne fait pas tout.

Même pas le talent.

Non mais allô quoi ?

Google vient de publier un rapport sur la consommation énergétique de Gemini. Objectif avoué : « rassurer les anti-IA » avec des métriques flatteuses.

Une requête à Gemini consomme 0,24 Wh d’énergie, 0,03 g de CO2 et 0,26 mm d’eau (cinq gouttes). « Nettement inférieur à de nombreuses estimations publiques », se félicite l’entreprise. Moins qu’une requête ChatGPT, bien moins qu’une requête Mistral. Google a gagné la guerre des chiffres.

Sauf que.

La méthodologie exclut soigneusement tout ce qui fâche : pas de trafic internet, pas d’énergie des appareils utilisateurs, pas d’entraînement du modèle, pas de construction des data centers. Google s’inspire « des principes de l’analyse de cycle de vie » mais ne la respecte pas concrètement. Aucune vérification par un tiers indépendant. Aucune norme ISO n’est respectée.

L’exercice de transparence ressemble furieusement à un exercice de communication. Google révèle ce qui l’arrange, cache ce qui dérange, et appelle ça de la science. Dans la guerre des chiffres que se livrent les géants tech, chacun sort ses propres calculs pour justifier l’injustifiable.

Enjeux et perspectives

Cette bataille des métriques révèle l’embarras des géants face à l’impact environnemental de l’IA. Google avait été le premier à admettre que l’IA générative polluait, voyant sa consommation électrique doubler en quatre ans. Aujourd’hui, l’entreprise fait machine arrière avec des calculs sur mesure.

Mistral AI, dans son rapport du mois dernier, estimait une requête à 1,14 gCO2e et 50 mm d’eau. Cinquante fois plus que Google. Qui croire ? Mistral prend en compte davantage de facteurs, mais n’a pas l’échelle de Google pour optimiser. Google a l’échelle, mais choisit ses périmètres de calcul.

Cette guerre des chiffres masque une autre réalité : personne ne sait vraiment mesurer l’impact de l’IA. Les méthodologies divergent, les périmètres varient, les intérêts s’opposent. Chaque entreprise produit ses propres vérités, adaptées à ses besoins de communication.

Le plus troublant ? Google présente ces calculs comme un exercice de transparence alors qu’ils relèvent de l’optimisation marketing. L’entreprise qui s’engage à atteindre la neutralité carbone d’ici 2030 découvre soudain que son IA pollue moins que prévu.

Quelle coïncidence.

En attendant, les « anti-IA » ne sont pas dupes. Quand la transparence devient sélective, elle perd sa crédibilité. Et quand les chiffres sont taillés sur mesure, ils ne mesurent plus rien d’autre que l’habileté de leurs auteurs.

Finalement, la seule chose que ces métriques mesurent vraiment chez Google, c’est l’art de l’enfumage.

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Le boss démâte

GPT-5 traverse une mauvaise passe. Depuis sa sortie, les critiques pleuvent : « a perdu son âme », « décevant », « pas à la hauteur des attentes ». Sam Altman a même lâché que GPT-6 sortirait dès l’année prochaine, comme pour tourner la page rapidement. Le modèle phare d’OpenAI semble avoir raté son entrée dans l’arène de l’IA.

Puis arrive cette histoire de mathématiques. Un tweet, une capture d’écran et soudain GPT-5 Pro aurait démontré une preuve inédite en optimisation convexe. Dix-sept minutes pour résoudre un problème mathématique ouvert que les humains n’avaient jamais su boucler. Amélioration d’une borne de 1/L à 1,5/L, « mathématiquement non-triviale » selon Sébastien Bubeck de Microsoft Research qui a vérifié la démonstration.

Ça a l’air cool.

Sauf que tout repose sur un fil Twitter. Aucune publication scientifique, aucune peer review, juste l’enthousiasme viral d’un doctorant et la validation d’un chercheur. « Si ça ne vous coupe pas le souffle, c’est que vous n’avez pas saisi l’enjeu », clame VraserX. Peut-être. Ou peut-être que l’enjeu, justement, c’est de distinguer le buzz de la science.

Enjeux et perspectives

Cette anecdote révèle le paradoxe GPT-5 : critiqué pour ses performances décevantes, mais capable de surprendre quand on sait lui parler. Le modèle souffre d’un problème d’image autant que de capacités réelles. Les utilisateurs attendaient une révolution, ils ont eu une évolution. Déception garantie.

Mais cette preuve mathématique, si elle s’avère authentique, suggère que GPT-5 cache son jeu. Loin des démonstrations spectaculaires de ses prédécesseurs, le modèle développerait des capacités plus subtiles, moins visibles au premier regard. La créativité algorithmique plutôt que la performance brute.

Le problème ? Personne ne sait vraiment ce qui se passe dans les milliards de paramètres du modèle. L’IA a-t-elle « inventé » cette preuve ou « recraché » un savoir caché quelque part dans ses données d’entraînement ? La frontière entre créativité et mémorisation reste floue, même pour les experts.

Cette incertitude nourrit les doutes. Dans un monde où Twitter remplace parfois la peer review, où les annonces virales précèdent les validations scientifiques, comment distinguer l’avancée réelle du coup de communication ? GPT-5 a peut-être la bosse des maths, mais il lui manque encore la reconnaissance de ses pairs.

En attendant, Sam Altman prépare déjà la suite. Le n° 5 aura-t-il le temps de prouver sa valeur avant d’être remplacé ? Ou restera-t-il dans l’histoire comme le modèle incompris, celui qui avait du potentiel mais n’a jamais su le montrer au bon moment ?

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Tel est pris qui croyait prendre

Teleperformance régnait sur l’empire des centres d’appels. 500 000 employés, 10,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, leader mondial incontesté. Puis Klarna a semblé tout changer. La fintech suédoise a remplacé l’équivalent de 700 téléconseillers par un assistant IA en partenariat avec OpenAI. Résultat : 2,3 millions de conversations traitées par mois, coût et réactivité imbattables. L’action Teleperformance s’est effondrée de 35% en une semaine.

Sauf que l’histoire ne s’arrête pas là. Après l’emballement initial, Klarna a partiellement reculé. Réembauche d’humains pour retrouver l’empathie sur les demandes complexes, satisfaction client en baisse sur certains cas. Le « remplacement » s’avère plus progressif et qualitatif que purement mathématique. La disruption n’est pas une ligne droite.

L’équation économique est implacable : 50 centimes pour une interaction avec un bot, contre 5 dollars avec un téléconseiller humain. Mais l’équation humaine se révèle plus complexe. Face au tsunami, Teleperformance contre-attaque avec 600 millions d’euros d’investissement dans… l’IA. Partenariats avec Microsoft et Carnegie Mellon, outils comme Sanas qui gomment les accents en temps réel, téléconseillers qui s’entraînent avec Brenda, une cliente virtuelle particulièrement râleuse. On va combattre l’intelligence artificielle avec l’intelligence artificielle.

Enjeux et perspectives

Cette stratégie révèle l’ampleur du défi. Teleperformance ne peut plus ignorer l’IA, elle doit l’épouser pour survivre. L’entreprise parie sur l’humain augmenté : des téléconseillers dopés à l’intelligence artificielle, capables de rivaliser avec les machines pures. L’IA analyse leur stress, compte leurs « euh », optimise leur débit de parole. Des athlètes de la relation client.

L’exemple Klarna montre que la transformation n’est pas binaire. Ni tout humain, ni tout robot, mais une danse complexe entre efficacité et empathie. Les marchés restent sceptiques sur la stratégie Teleperformance. L’action a encore chuté de 14% lors de la présentation. Thomas Mackenbrock, futur patron, philosophe : « C’est un film, pas une photo. » Traduction : l’adaptation sera longue et sinueuse.

Le pari reste risqué. Teleperformance investit 600 millions pour sauver un modèle économique que l’IA bouscule sans le détruire complètement. L’humain augmenté peut-il trouver sa place dans cette équation mouvante ? La réponse n’est ni oui ni non, mais « ça dépend ».

Cette course contre la montre illustre surtout la complexité de la disruption technologique. Hier dominants, aujourd’hui bousculés, demain peut-être hybrides.

L’entreprise qui croyait prendre le marché mondial se retrouve prise dans une transformation qu’elle ne maîtrise qu’à moitié.

Tel est pris qui croyait prendre, disait La Fontaine. L’IA n’a visiblement pas lu les fables.

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Sous les pavés, la plage

Le MIT vient de publier une étude qui fait mal : 95% des projets d’intelligence artificielle en entreprise échouent à générer des revenus. Seulement 5% ont un impact financier positif. Après avoir analysé 300 déploiements, interrogé 150 dirigeants et 350 employés, le constat est sans appel. Entre les promesses et les résultats, le chemin est plus long que prévu.

L’effet de mode frappe fort. Depuis l’explosion de ChatGPT, toutes les entreprises veulent « leur » IA. Pas par nécessité, par mimétisme. « Il nous faut un projet IA » devient le nouveau « il nous faut un site web » des années 2000. Résultat : des initiatives lancées sans stratégie claire, sans objectifs précis, juste pour cocher la case innovation.

Mais l’IA n’est pas un gadget qu’on branche et qui marche. Aditya Challapally, auteur principal du rapport, pointe le paradoxe : les modèles sont performants, mais leur utilisation laisse à désirer. Les intelligences artificielles actuelles sont davantage adaptées au grand public qu’aux professionnels. Entre l’outil qui impressionne en démo et celui qui transforme un business, il y a un monde.

Enjeux et perspectives

Cette complexité cachée explique l’hécatombe. Implémenter l’IA en entreprise nécessite de repenser les processus, de former les équipes, d’adapter l’organisation. Ce n’est pas installer un logiciel, c’est transformer une culture. Les entreprises découvrent trop tard que l’innovation demande du temps et de la méthode.

Les chiffres du MIT le confirment : 67% de réussite avec des partenaires spécialisés, contre 33% pour les initiatives internes. Ces partenaires connaissent les écueils, ils maîtrisent la complexité technique et organisationnelle. Mais dans la course à l’innovation, combien d’entreprises acceptent de prendre le temps d’apprendre ? La réussite existe bel et bien. Les 5% qui y arrivent le prouvent. L’IA peut transformer les entreprises, générer des revenus, créer de la valeur. Mais elle n’est pas accessible d’un clic. Il faut accepter les échecs, apprendre de ses erreurs, recommencer. Chaque tentative ratée est une leçon.

Cette réalité bouscule le narratif dominant. L’IA n’est plus cette technologie révolutionnaire qui transforme tout instantanément, mais un chemin long et exigeant vers l’innovation. Les 95% d’échec ne sont pas un verdict, mais des étapes nécessaires à l’apprentissage collectif.

Le réveil sera salutaire pour beaucoup. Après l’euphorie des annonces et des budgets débloqués, vient le temps de la patience. L’IA transformatrice existe, mais elle se mérite.

Sous les promesses marketing, la vraie innovation attend ceux qui sauront creuser.

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La réalité rattrape la friction

South Park vient de signer l’acte de décès de la respectabilité tech. Dans l’épisode 3 de sa saison 27, la série ridiculise Tim Cook, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos et consorts en lèche-bottes de Trump.

Caricature ? Pas vraiment. Tim Cook a bel et bien offert un disque en verre au président. Zuckerberg fait effectivement du lèche-bottes public. La satire ne fait qu’exagérer une réalité déjà caricaturale.

Quand South Park s’attaque à un phénomène, c’est généralement que ce phénomène a franchi le point de non-retour culturel. La série a enterré les célébrités has-been, les politiciens véreux, les modes ridicules. Aujourd’hui, elle s’attaque à la Silicon Valley. Message reçu : les « tech bros » sont officiellement grillés dans l’opinion publique.

L’épisode « Sickofancy » ne se contente pas de moquer les patrons tech. Il décortique leur transformation en courtisans serviles. Randy, le père de Stan, devient addict à ChatGPT, se met à la kétamine, s’habille en noir et organise des keynotes.

La métamorphose est parfaite : du citoyen lambda au « tech bro » décérébré en quelques étapes.

Enjeux et perspectives

Cette satire révèle l’ampleur de la chute. Il y a dix ans, la Silicon Valley incarnait l’innovation, la disruption, l’avenir. Aujourd’hui, elle évoque le conformisme, l’hypocrisie, la soumission au pouvoir. South Park ne fait que constater : les héros d’hier sont les courtisans d’aujourd’hui.

Le running gag de l’épisode est révélateur : tous les donateurs terminent leurs offrandes à Donald Trump par « et votre pénis n’est pas petit ». Cette phrase résume parfaitement la relation entre la tech et le pouvoir politique. Flatterie grotesque, soumission assumée, dignité abandonnée. La réalité a rattrapé la caricature.

Cette mise au pilori culturelle marque un tournant. South Park ne se contente pas de divertir, elle acte les changements de perception collective. Hier, critiquer la Silicon Valley relevait de l’anti-progressisme. Aujourd’hui, cela s’apparente à du bon sens. La série ne crée pas l’opinion, elle la révèle.

La tech découvre ce que d’autres ont appris avant elle : quand South Park vous prend pour cible, c’est que votre image publique est déjà morte. Reste à savoir si les intéressés s’en rendront compte, ou s’ils continueront à offrir des disques en verre en espérant que personne ne remarque l’absurdité de la situation.

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Il faut sauver le soldat Garry

Fiverr vient de créer la mascotte la plus malheureuse d’internet. Garry, personnage entièrement généré par IA, enchaîne les catastrophes dans la campagne « Prompt and Punishment ». Sa femme le quitte pour un homme déguisé en hot-dog, un oiseau lui défèque sur sa voiture, il se retrouve coincé par des mafieux dans le béton jusqu’à la taille.

Son crime ? Être sceptique de l’intelligence artificielle. L’IA se venge de ses détracteurs en créant leur parfait souffre-douleur.

« Nous allons utiliser Garry comme punching bag pour internet », assume Matti Yahav, CMO de Fiverr. La stratégie est limpide : transformer la résistance à l’IA en spectacle participatif. La plateforme invite les internautes à proposer de nouvelles scènes catastrophiques. L’image du souffre-douleur collectif positionne ainsi le débat anti-IA comme une blague à gérer, plus qu’un véritable débat de fond.

Mais derrière cette mascotte sacrificielle se cache une révolution marketing. Créée avec Google Veo3 et Runway par l’équipe interne de Fiverr et deux freelances, la campagne a coûté 10% du budget habituel. « J’aurais normalement besoin d’une agence et d’une boîte de prod, avec des centaines de milliers de dollars d’investissement », explique Yahav. Les portes se sont ouvertes.

Enjeux et perspectives

Cette campagne illustre la disruption en cours dans l’industrie publicitaire. Fiverr ne se contente pas de promouvoir l’IA, elle démontre sa supériorité économique face aux agences traditionnelles. Le message aux annonceurs est clair : pourquoi payer plus cher quand les freelances maîtrisent les nouveaux outils ?

L’ironie va plus loin. Les deux créateurs de la campagne, Noam Sharon et Tal Rosenthal, sont aussi les auteurs de la pub virale IA pour Liquid Death. Fiverr ne les a pas trouvés sur sa plateforme, mais ils s’y sont inscrits depuis. La boucle est bouclée : l’IA attire les talents qui maîtrisent l’IA.

Le marketing participatif prend une dimension nouvelle avec l’IA générative. Fini les concours créatifs chronophages, place à la génération instantanée. La communauté propose, l’algorithme dispose. Garry devient le terrain de jeu collectif d’une créativité automatisée.

Cette stratégie révèle l’évolution des rapports de force. Hier, les marques subissaient les réactions d’internet. Aujourd’hui, Fiverr les orchestre. En créant volontairement un personnage détestable, l’entreprise canalise la frustration anti-IA vers un exutoire contrôlé. Garry absorbe la haine pour que Fiverr récolte l’attention.

Le soldat Garry ne sera pas sauvé. Il est programmé pour souffrir, conçu pour échouer, destiné à divertir. Dans cette guerre entre l’IA et ses détracteurs, il incarne le parfait martyr numérique. Sa mission : prouver par l’absurde que résister à l’IA mène au désastre. You give me Fiverr.

Message reçu.

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La mélodie du bonheur

Anthony Bourdain vient de lancer IA Radio, le premier bouquet de 15 stations diffusant de la musique 100% générée par intelligence artificielle. Jazz, rock, électro, classique, métal, reggae, world music, opéra : chaque morceau est unique et inédit, inexistant sur toute autre plateforme. Le co-fondateur de Public Santé mise sur l’émotion plutôt que la prouesse technique. « Laissez-vous surprendre par une musique qui correspond à votre humeur du moment », promet-il.

La radio version 3.0 est née.

Le concept est malin. En générant du contenu exclusif, IA Radio échappe aux droits d’auteur tout en créant un catalogue infini. Plus de SACEM, plus d’éditeurs, plus de labels. L’algorithme compose, l’algorithme diffuse, l’algorithme monétise. La rareté devient artificielle, mais la valeur reste réelle. Chaque titre est un original que personne d’autre ne possède.

Cette révolution silencieuse redéfinit la radio. Fini le métier de programmateur musical, obsolète le directeur artistique. L’IA analyse les tendances, génère les morceaux, adapte les styles. La création musicale devient un service automatisé, disponible 24h/24, gratuit, sur tous supports. Le timing est parfait : Bourdain prend les devants avant que les géants ne s’engouffrent massivement.

Enjeux et perspectives

Mais cette mélodie du bonheur sonne faux pour les musiciens traditionnels. Ils se trouvent fort dépourvus quand l’IA fut venue. Que valent vingt ans de conservatoire face à un algorithme qui compose en quelques secondes ? Que pèsent les droits d’auteur quand la machine génère des œuvres sans auteur ?

L’industrie musicale découvre sa fragilité. Les artistes vivaient de leurs créations, les producteurs de leurs catalogues, les radios de leurs programmations. IA Radio court-circuite toute la chaîne. Plus besoin d’investir dans un studio, de signer des contrats, de négocier des licences. L’IA produit, l’IA diffuse, l’IA remplace.

Cette disruption pose des questions vertigineuses. Si l’IA peut créer de la musique émotionnellement satisfaisante, quelle est la valeur ajoutée de l’humain ? Si l’algorithme compose dans tous les styles, que reste-t-il de l’originalité artistique ? Si la machine génère de l’inédit en permanence, comment définir la créativité ?

IA Radio illustre parfaitement l’économie de l’automatisation créative. Créer de la valeur en supprimant les créateurs, générer de la rareté sans rareté réelle, monétiser l’émotion sans émotion humaine. Le modèle économique est implacable : coûts de production proches de zéro, catalogue infini, pas de droits à reverser.

Pour Anthony Bourdain, c’est effectivement la mélodie du bonheur. Pour les musiciens qui découvrent que leur art peut être automatisé, la musique sonne différemment.

Dans cette symphonie technologique, tout le monde ne joue pas la même partition.

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App sous le radar : NanoBanana

NanoBanana est très probablement la dernière création de Google en matière d’édition d’images IA, même si Mountain View garde le silence officiel. Tous les signaux convergent : teasing d’équipes Google, performances bluffantes, présence sur LMArena, intégration Gemini. Ce modèle d’édition contextuelle transforme n’importe quelle photo via de simples prompts textuels, avec une préservation d’identité et une cohérence de scène remarquables. Génération sous la seconde, qualité photoréaliste, création d’influenceurs IA cohérents : l’outil écrase déjà la concurrence avec 70% de taux de victoire dans les duels IA anonymes.

Le bon : Performances exceptionnelles qui surpassent les ténors du secteur. Interface ultrasimple sans masques ni layers. Rapidité bluffante et qualité photoréaliste constante. L’écosystème Google derrière garantit une puissance technique de premier plan.

Le moins bon : Accès encore limité à LMArena et aux testeurs privilégiés. Aucune information sur la tarification future ou le déploiement grand public. Les questions de vie privée et de dépendance à Google restent entières.

Le verdict : Google frappe un grand coup dans l’ombre. NanoBanana pourrait bien révolutionner l’édition d’images IA quand il sortira officiellement. En attendant, seuls les initiés peuvent en profiter.

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Dev. et Implémentation d'IA

L'Ère de l'IA

conférence l'Ére de l'IA

Modules 5 à 10 : Cours à la carte

Modules 1 à 4 : initiation à l'IA

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